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How much would you say you know about internet governance? At least a little bit, if you're familiar with what CIRA does. When people ask where I work, many are shocked to learn that there is an organization that operates the .CA domain registry. You can be a heavy internet user but as long as everything works as it should, you may take its governance for granted. The reality is that many Canadians have a poor understanding of who the internet governance players are—domain registries, registrars, ICANN, hosting companies, ISPs, the federal government, just to name a few—and what their capabilities and responsibilities are.

CIRA member meet-up explores internet governance 

À quel point vous y connaissez-vous en matière de gouvernance de l’Internet? Vous en connaissez au moins un petit peu si vous savez ce que fait l’ACEI. Quand les gens me demandent où je travaille, beaucoup sont sidérés d’apprendre qu’il existe un organisme qui s’occupe du registre des domaines .CA. Même les grands utilisateurs de l’Internet peuvent tenir la gouvernance pour acquise pourvu que tout fonctionne comme il se doit. La vérité est que beaucoup de Canadiens comprennent peu l’identité des joueurs en matière de gouvernance de l’Internet — les registres de domaines, les registraires, l’ICANN, les hébergeurs, les fournisseurs d’accès à Internet et le gouvernement fédéral pour n’en nommer que quelques-uns —, ainsi que leurs capacités et responsabilités.

La rencontre des membres de l’ACEI explore la gouvernance de l’Internet

Les résultats publiés dans le rapport Les Canadiens méritent un meilleur Internet indiquent que 75 % des utilisateurs d’Internet canadiens affirment en savoir peu ou très peu au sujet du contrôle et de la réglementation de l’Internet sur le plan mondial. Ceux qui ont assisté à notre dernière rencontre des membres à Toronto ou qui ont visionné sa webdiffusion ont déjà fait les premiers pas afin d’en apprendre plus sur le monde de la gouvernance de l’Internet. Comme l’explique la panelliste Sarah Ingle, la meilleure façon d’apprendre est d’agir.

Mme Ingle, qui a été initiée à la gouvernance de l’Internet par l’entremise du programme NextGen de l’ICANN lors de la conférence ICANN61 organisée à Porto Rico, a offert son point de vue comme novice dans le domaine dans le cadre du panel de l’événement. Sam Burton, de la Mozilla Foundation, et le président et chef de la direction de l’ACEI, Byron Holland, ont aussi partagé leur expertise et répondu aux questions du public.

Quels enjeux vous passionnent?

Un des éléments clés à retenir de l’événement est la conclusion selon laquelle en fin de compte, tous les chemins mènent à la gouvernance de l’Internet. Si vous voulez vous impliquer dans la gouvernance de l’Internet, nos panellistes vous suggèrent de suivre votre passion :

Nous avons fait un suivi auprès des panellistes pour répondre à quelques-unes des questions auxquelles nous n’avons pas eu le temps de répondre durant l’événement.

Nous avons fait un suivi auprès des panellistes pour répondre à quelques-unes des questions auxquelles nous n’avons pas eu le temps de répondre durant l’événement.

Sarah Ingle, fondatrice et codirectrice du Forum canadien sur la gouvernance de l’Internet pour les jeunes :

« Engager les groupes marginalisés dans des enjeux liés à la gouvernance de l’Internet exige en premier lieu de comprendre les barrières qui existent en matière de participation équitable, et de s’interroger directement sur les ressources, les appuis ou les changements systémiques nécessaires afin de rendre l’espace équitablement sécuritaire, accueillant et accessible. Bien que le modèle à intervenants multiples soit généralement approprié pour rendre la participation équitablement accessible à tous en ce qui concerne les droits de vote et de parole (peu de modèles permettent aux États et aux utilisateurs finaux de participer sur une base égale), de nombreuses barrières demeurent quand il s’agit d’inviter les gens à la table et de s’assurer qu’ils s’impliquent activement.

D’un point de vue personnel, j’ai eu la chance de participer à des programmes comme NextGen de l’ICANN, qui fournit du financement pour assister à des réunions et à de la formation sur l’organisation. Des initiatives comme celle-ci rendent la participation accessible à ceux qui n’auraient pas les moyens de participer autrement. Cependant, je crois que dans l’ensemble du secteur de la gouvernance de l’Internet, nous devons faire mieux pour offrir du mentorat aux novices et bâtir des communautés inclusives afin de rendre les modalités de participation plus équitables pour ceux qui sont marginalisés par la façon dont ils s’identifient, que leur participation soit rémunérée ou non, et par d’autres facteurs. »

Comment pouvons-nous impliquer les groupes marginalisés dans les enjeux liés à la gouvernance de l’Internet?

Sarah Ingle, fondatrice et codirectrice du Forum canadien sur la gouvernance de l’Internet pour les jeunes :

« Engager les groupes marginalisés dans des enjeux liés à la gouvernance de l’Internet exige en premier lieu de comprendre les barrières qui existent en matière de participation équitable, et de s’interroger directement sur les ressources, les appuis ou les changements systémiques nécessaires afin de rendre l’espace équitablement sécuritaire, accueillant et accessible. Bien que le modèle à intervenants multiples soit généralement approprié pour rendre la participation équitablement accessible à tous en ce qui concerne les droits de vote et de parole (peu de modèles permettent aux États et aux utilisateurs finaux de participer sur une base égale), de nombreuses barrières demeurent quand il s’agit d’inviter les gens à la table et de s’assurer qu’ils s’impliquent activement.

D’un point de vue personnel, j’ai eu la chance de participer à des programmes comme NextGen de l’ICANN, qui fournit du financement pour assister à des réunions et à de la formation sur l’organisation. Des initiatives comme celle-ci rendent la participation accessible à ceux qui n’auraient pas les moyens de participer autrement. Cependant, je crois que dans l’ensemble du secteur de la gouvernance de l’Internet, nous devons faire mieux pour offrir du mentorat aux novices et bâtir des communautés inclusives afin de rendre les modalités de participation plus équitables pour ceux qui sont marginalisés par la façon dont ils s’identifient, que leur participation soit rémunérée ou non, et par d’autres facteurs. »

Comment la gouvernance peut-elle tempérer les mauvais côtés de l’Internet comme l’incitation à la haine et les fausses nouvelles?

Sam Burton, directrice d’Insights à la Mozilla Foundation :

« Voilà probablement la question la plus cruciale dans notre monde numérique actuel. La désinformation et les discours haineux en ligne ont de graves conséquences négatives sur les sociétés du monde, et nous devons trouver une façon de s’y attaquer. Or, en s’empressant de « résoudre » ces problèmes, certaines « solutions » de gouvernance font plus de mal que de bien. Prenons l’exemple de la règle récemment introduite par l’UE selon laquelle les hôtes en ligne doivent supprimer tout « contenu terroriste » dans les 60 minutes après en avoir été avisés. Bien qu’à première vue cette idée semble sensée, Mozilla soutient qu’elle sera néfaste pour la santé de l’Internet puisqu’elle incite les plateformes à supprimer offensivement les propos des utilisateurs en ayant peu d’égard pour le traitement équitable et la protection des droits des utilisateurs. De surcroît, il existe peu de preuves démontrant que cette approche peut vraisemblablement atteindre son objectif de réduire la véritable menace terroriste ou le phénomène de la radicalisation en Europe. Mozilla a recommandé des amendements à la proposition de l’UE pour éviter ces résultats potentiels négatifs. La conception des systèmes de gouvernance doit inclure et laisser la parole à une variété de voix afin de veiller à ce que les efforts réalisés pour résoudre les problèmes ne causent pas plus de mal. »

Quel est le plus grand défi en matière de gouvernance de l’Internet?

Byron Holland, président et chef de la direction de l’ACEI :

« La gouvernance intergouvernementale. La nature intergouvernementale de l’Internet est la raison pour laquelle nous sommes en mesure de nous rapprocher socialement et de faire des affaires avec presque tout le monde sur terre. Cela dit, elle entraîne aussi des défis en matière de gouvernance. Le monde n’est pas homogène et les gouvernements ne traitent pas l’Internet d’une manière uniforme. Les problèmes liés à la gouvernance de l’Internet mènent de plus en plus à des tensions entre les compétences transnationales et nationales — que ce soit en matière de protection des données, de restrictions du contenu et des discours, ou de propriété intellectuelle. De plus, les organes de gouvernance responsables de veiller à l’interopérabilité de l’infrastructure Internet et des identifiants techniques publics (y compris les noms de domaine et les adresses IP) rivalisent avec les structures juridiques et réglementaires de chaque territoire de compétence de la planète.

« Par exemple, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN; Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet en français) peine actuellement à trouver la meilleure façon de se conformer au Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne tout en continuant à fournir un cadre pour la divulgation de certaines données d’enregistrement liées aux noms de domaine aux organismes d’application de la loi légitimes. Mais qu’est-ce qui constitue un organisme d’application de la loi légitime? Il existe plus de 100 organismes d’application de la loi au Canada seulement, de la GRC aux agents de conservation d’Alberta Parks en passant par tout ce qui les sépare. Comment peut-on déterminer la légitimité dans chaque territoire de compétence nationale et infranationale du monde? »


Il est important de comprendre le paysage de la gouvernance d’Internet et son incidence sur tous les Canadiens, vous y compris. Cet événement a aussi été un excellent tremplin pour permettre aux membres de l’ACEI d’en apprendre plus sur les défis en constante évolution présentés par cet outil puissant.

Et pour ce qui est de la réponse à savoir qui contrôle lInternet, elle est à la fois simple et complexe : l’Internet n’est pas dirigé par une seule personne, une seule entreprise, une seule organisation ou un seul gouvernement, mais plutôt par un réseau à intervenants multiples composé de groupes de partout dans le monde. Si vous voulez vous impliquer davantage, suivez la suggestion du panel : choisissez un sujet ou un enjeu qui vous passionne et trouvez une organisation qui travaille à y apporter une solution.

Erin Hutchison

Erin apporte à l’ACEI son bagage du marketing dans les secteurs de l’enseignement supérieur et des organismes sans but lucratif. En 2016, elle a participé au Programme Jeunesse@IGF de l’ISOC et s’est rendue à Guadalajara, au Mexique, pour participer à l’IGF. Elle est titulaire d’un baccalauréat en commerce international délivré par l’Université Carleton.